Il y a des objets qui ont une valeur particulière.
Pas forcément parce qu'ils sont rares ou précieux, mais parce qu'ils ont appartenu à quelqu'un dont nous connaissons l'histoire.
Dans la famille de mon ex-époux, je conserve pour mon fils, deux plaques d'identité ainsi qu'un petit casque Adrian ayant appartenu à Antoine Palanque, né en 1873, le père de l'arrière-grand-mère paternelle de mes enfants.
De les avoir entre les mains donne une tout autre dimension aux recherches généalogiques.
Lire son nom gravé sur une plaque, tenir un objet qu'il a conservé ou qui lui était associé, c'est passer de quelques lignes dans un registre à quelque chose de beaucoup plus concret.
Derrière un nom dans une archive, il y avait un homme.
Un homme né en 1890, avec une famille, une vie, des événements qui ont marqué son époque.
Et ces petits objets sont aujourd'hui les témoins silencieux de cette histoire.
Antoine Palanque est né le 6 janvier 1873, à Nîmes. Il est le fils de Pierre Palanque et de Marguerite Sève.
Il épouse Marie Gou le 8 mai 1897 à Nîmes. De cette première union, il devient veuf en 1919.
Il s'est marié (2ème mariage) avec Alexandrine Alix Martichon le 7 avril 1920 et à divorcé le 28 mai 1926.
Il s'est marié (3ème mariage) avec Eglantine Rose Barry le 18 juin 1929.
c'est trois mariage ont eu lieu à Nîmes, il est décédé le 27 décembre 1941.
Aujourd'hui, plus d'un siècle après sa naissance, son nom est toujours là.
Gravé dans le métal.
Conservé dans la famille.
Et transmis aux générations suivantes.
C'est aussi cela, la généalogie : faire en sorte que les personnes qui nous ont précédés ne deviennent jamais de simples noms sur un arbre. ❤️
La mention « 1893 » correspond à l'année de la « classe » de ce soldat. Dans l'armée française, la classe représente l'année au cours de laquelle un jeune homme atteignait l'âge de 20 ans et passait devant le conseil de révision.À l'époque de son service militaire obligatoire (vers 1893-1894), la France est en pleine période de paix, marquée par la reconstruction de l'armée après la défaite de 1870. Une fois son service terminé, Antoine est retourné à sa vie civile, mais est resté inscrit sur les listes de la « réserve », puis de « l'armée territoriale ».
La mention « NÎMES » renvoie au bureau de recrutement auquel Antoine était rattaché. Le numéro 1260 correspond à son numéro matricule dans ce bureau. Ces indications constituent une précieuse porte d'entrée vers les archives militaires et notamment vers son registre matricule.
Au début de la guerre en 1914, le soldat ne portait qu'une seule plaque autour du cou. Cependant, les combats particulièrement destructeurs ont rendu l'identification des corps très difficile.
Les plaques d'identité avaient pour fonction essentielle de permettre l'identification du militaire, notamment en cas de décès. Elles constituent aujourd'hui des objets particulièrement précieux pour les familles, car elles portent directement les indications permettant de rattacher l'objet à un homme et à son parcours militaire.
On y distingue nettement le cimier (la crête sur le dessus), conçu à l'origine pour amortir les éclats et dissimuler les trous d'aération.
Les rebords imitent la visière avant et le couvre-nuque.
Le petit anneau d'attache sur le côté (ou à l'arrière) permettait au soldat ou à sa famille de l'accrocher à une chaîne de montre à gousset, à un bracelet ou à la boutonnière d'une veste civile.
2. Le symbole du Poilu
Le casque Adrian est le symbole absolu du soldat de 14-18. Introduit à la fin de l'année 1915 pour remplacer le trop voyant képi rouge (qui causait d'effroyables blessures à la tête face aux éclats d'obus), il a radicalement changé la silhouette des combattants. Porter sa réplique en miniature après la guerre était une marque d'immense fierté pour les vétérans.
3. Artisanat ou Bijou Patriotique ?
Ce type d'objet peut avoir deux origines :
L'artisanat de tranchée : Fabriqué directement au front ou à l'arrière par des soldats habiles (parfois des blessés en convalescence) en détournant les métaux récupérés sur le champ de bataille (comme le cuivre ou le laiton des douilles d'obus).
Le bijou de l'arrière : Vendu par des bijoutiers ou des œuvres de charité pour soutenir l'effort de guerre. Les familles de soldats, les épouses ou les mères portaient souvent ces broches et breloques en hommage à leur proche au front.
Ces pièces (les plaques et ce petit casque miniature) proviennent très probablement du même souvenir familial lié au parcours militaire d'Antoine.
📚 Pour aller plus loin (Breloques et autres objets)
L'histoire de la Première Guerre mondiale peut également être découverte à travers les objets fabriqués par les soldats dans les tranchées : les artisanats de tranchées.
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